Masques de protection : un point de la situation
Lingère municipale confectionnant des masques de protection

Masques de protection : un point de la situation

Lingère municipale confectionnant des masques de protection
Lingère municipale confectionnant des masques de protection

Dans l’attente de directives claires de l’Etat sur la question du port de masques pour l’ensemble de la population, et de la mise en place d’un dispositif d’approvisionnement en conséquence, le maire Marc Vuillemot expose, en détails, la conjoncture et les moyens déjà mis en oeuvre à La Seyne-sur-Mer. La Ville et la Métropole ont notamment passé des commandes.

« Pour l’heure, la Ville n’a de cesse de solliciter l’Etat par l’intermédiaire de la préfecture pour que les conditions sanitaires obligatoires à la réouverture des établissements scolaires et des activités périscolaires nous soient communiquées afin que nous puissions évaluer leur mise en œuvre. Dans tout cela, la problématique des masques de protection est compliquée et ambiguë.

Quelques petits rappels d’instructions du gouvernement et des autorités sanitaires qu’il appartient, selon Marc Vuillemot, à un maire de relayer auprès de sa population : 

  • Les masques de protection FFP2 et chirurgicaux sont à usage quasiment unique et exclusivement réservés au secteur médical et font l’objet d’une réquisition de l’Etat.
  • De nouveaux masques viennent récemment d’être proposés, plus adaptés à la population, mais dont l’usage est limité à un certain nombre de lavages (souvent au maximum 5). Ce sont les masques en tissu de types UNS1 et UNS2.
  • On connaît également par ailleurs les masques artisanaux qui, la plupart du temps, sont l’œuvre d’initiatives privées ou publiques. Nombre d’associations et d’individuels en produisent à La Seyne, et il faut saluer cet engagement solidaire. Mais il est de mon devoir du maire de rappeler que l’efficacité de ces protections est relative, dépend beaucoup du procédé de fabrication, du tissu utilisé et des mesures sanitaires prises pour les fabriquer, et que l’utilisation de ces masques impose des règles drastiques pour leur usage que je rappelle en fin de message).

Quel que soit le modèle, pour le déconfinement, il en faudra pour tous et donc en quantités astronomiques, et la Ville seule ne pourra tout fournir ni livrer.

Ce n’est d’ailleurs pas son rôle. La compétence sanitaire sur tout le territoire national relève avant tout de l’Etat avec les Agences régionales de santé (ARS), des Départements et, dans une moindre mesure des Régions. Cela n’interdit pas aux mairies de prendre volontairement leur part, mais il est important de noter que la plus haute juridiction administrative, à savoir le Conseil d’Etat, a jugé il y a quelques jours que les maires « ne peuvent de leur propre initiative prendre d’autres mesures [que celles décidées par l’Etat] destinées à lutter contre la catastrophe sanitaire ». Or l’État est bien flou, voire contradictoire, sur les mesures à prendre…

Pour autant nous ne sommes bien sûr pas restés inactifs, mais nous sommes prudents quant aux produits fournis, aux délais de livraison et de fabrication : 

  • Nous n’avons délibérément pas commandé de masques à l’Association des maires de France (AMF) qui le propose aux communes volontaires ; ce sont en effet des masques chirurgicaux d’une durée d’utilisation limitée à 3 heures, qui, de surcroît, font défaut aux personnels médicaux et… sont censés être réquisitionnés par l’État. 
  • Puisque la région Provence Alpes Côte d’Azur a commandé 5 millions de masques, dont quatre pour les professionnels et un pour les communes de moins de 20.000 habitants (les plus importantes, telles La Seyne, seraient ainsi étrangement jugées « extra-régionales »), nous avons commandé 10 000 masques UNS1 que nous espérons recevoir pour le 11 mai. 50% seront destinés à nos services publics, 50% aux personnes vulnérables de notre fichier (environ 1100 personnes) et à nos partenaires associatifs qui concourent à la mobilisation du moment.
  • Nous allons compléter par une commande cette semaine de 5 000 masques UNS2.
  • Notre lingerie municipale travaille au quotidien à la fabrication de masques en tissu lavables, réalisés aux aux normes AFNOR et en respectant le protocole sanitaire. La production est d’environ 150 masques par jour. Nous avons déjà à ce stade commandé 210 mètres de tissus d’une largeur de 1,50 mètre, soit de quoi en fabriquer environ 2500.
  • Nous avons travaillé avec la Métropole pour que la solidarité de territoire s’applique et que, comme dans d’autres régions, elle prenne en charge la fourniture de masques à la population. Le président Hubert Falco a annoncé ce mardi notre démarche républicaine partagée qui va déboucher sur la livraison, d’ici au 11 mai, de 500 000 masques « grand public » lavables et réutilisables, y compris de petite taille pour les enfants de moins de 7 ans, dont nous assurerons la distribution suivant des modalités qui seront précisées ultérieurement ; tous les Seynois, comme les habitants des 11 onze autres communes, pourront ainsi être dotés.
  • En toute discrétion, mais avec efficacité depuis le début de la pandémie, nous avons suppléé aux carences de l’État en matière de protection individuelle en fournissant des masques, des lingettes virucides, des charlottes, des blouses, du gel hydro-alcoolique, des tabliers, des sur-bottes, des gants… outre à nos personnels municipaux au travail, au tout premier centre de consultation Covid du Var que nous avons ouvert dans des locaux communaux, aux infirmières libérales de La Seyne et Saint-Mandrier, aux pompiers, aux ambulances, à l’hôpital de Toulon-La Seyne, à certaines associations caritatives, et même… à l’Agence régionale de santé.

Je tiens enfin à rappeler les consignes sanitaires relatives à l’utilisation des masques :

1°) Quel que soit le masque :

– il faut se laver les mains consciencieusement avant de les manipuler,

– ils doivent parfaitement couvrir la bouche bien sûr, mais aussi le nez,

– une fois que le masque est en place, on ne le manipule plus,

– pour l’ôter, on le manipule en le prenant par les élastiques en évitant de toucher la partie qui a protégé le visage, on le place dans un sachet en plastique et on se lave les mains au savon pendant 30 secondes.

2°) Si c’est un masque en tissu :

– ils doivent être lavés à 60 degrés tous les jours 30 minutes,

3°) Si c’est un masque jetable :

– il faut penser aux autres et ne surtout pas le jeter par terre ou dans une poubelle publique, mais se débarrasser du sachet en plastique dans une poubelle dédiée qui ne doit être manipulée par personne durant les 24 heures suivantes ».